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» Printemps 2009
Printemps 2009
 
Est-ce que le chirurgien de Mohs est habilité à la lecture des lames d’histopathologie?

Dans la revue de l’association américaine de dermatologie
(Journal of the American Academy of Dermatolgy), paraissait dans le numéro de janvier 2009 un article fort intéressant. Cet article provenant de l’école de médecine de Yale (Connecticut) avait pour but de démontrer la concordance entre les dermatopathologistes et les chirurgiens de Mohs dans le cadre de la lecture des lames lors de la procédure de Mohs au sein de leur centre.

De façon rétrospective, 1156 lames (qui avaient été utilisées dans le cadre d’un protocole d’assurance de la qualité, randomisées en double aveugle sur une période de 10 ans) ont été utilisées. Les lames ont été examinées par 1 des 5 dermatopathologistes. Le dermatopathologiste examinait les lames et les interprétait (absence ou présence de tumeur) tout en ignorant l’interprétation que le chirurgien de Mohs en avait faite.

Sur les 1156 lames, une discordance est apparue sur 32 seulement (soit 2,8%). Cependant, si on exclue les cas de discordance au niveau des néoplasies intra-épithéliales, on observe une concordance de 99,7%. 29 des 32 cas montraient la persistance de tumeur ou de lésions pré-néoplasiques. Selon le système utilisé, une discordance apparaissait. Cependant lors de la revue de ces cas, la présence de tissu anormale avait été notée par le chirurgien de Mohs. Dans chacun des cas, une autre modalité thérapeutique avait été choisie pour compléter le traitement afin d’éviter la morbidité de la chirurgie devenue inutile sur des cellules superficielles. Ainsi, une réelle discordance a été enregistrée sur 3 lames seulement. Dans les 3 cas, l’interprétation du chirurgien de Mohs laissait entendre la possibilité qu’il y ait persistance de tumeur, ce que le dermatopathologiste infirmait.

En résumé, il existe une concordance quasi parfaite entre les chirurgiens de Mohs et les dermatopathologistes de ce centre. Ceci renforce la valeur de la chirurgie micrographique de Mohs comme traitement le plus fiable pour la majorité des cancers cutanés et que l’examen des lames faites par le chirurgien est très reproductible, dans un contexte coût-efficacité incomparable.

Mariwalla K, Aasi SZ, Glusac EJ, Leffell DJ.
Mohs micrographic surgery histopathology concordance.
J Am Acad Dermatol. 2009 Jan;60(1):94-8.

 


En pratique depuis 2002, le
Dr Jimmy Alain est un dermatologue spécialiste de la chirurgie de Mohs. Reconnu dans son milieu, le Dr Alain est conférencier et l'auteur de nombreuses publications.